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Servitude de passage : quels sont les droits et obligations de chaque propriétaire ?

Servitude de passage : quels sont les droits et obligations de chaque propriétaire ?

Publié le : 14/08/2026 14 août août 08 2026

Lorsqu’un terrain n’a pas d’accès suffisant à la voie publique, le propriétaire peut demander un passage sur le fonds voisin afin d’assurer la desserte complète de son bien. Ce droit de passage n’est pas une faveur laissée à la discrétion du voisin : il est prévu par la loi en cas d’enclave ou d’issue insuffisante. En contrepartie, le propriétaire du fonds servant a droit à une indemnité proportionnée au dommage causé par le passage. Le tracé doit en principe être fixé du côté le plus court, tout en restant le moins dommageable possible pour le terrain traversé.

 

Dans quels cas le passage peut être imposé ?


Le droit de passage existe lorsque le terrain est enclavé, c’est-à-dire lorsqu’il n’a aucune issue sur la voie publique, ou seulement une issue insuffisante pour son exploitation agricole, industrielle ou commerciale, ou pour la réalisation d’une opération de construction ou de lotissement. Le passage doit alors être suffisant pour permettre la desserte du fonds dans son ensemble. Il ne s’agit donc pas d’un simple confort, mais d’un droit utile à l’exploitation normale du bien.

Le choix du tracé n’est pas libre. La loi impose de retenir en principe le trajet le plus court, mais aussi celui qui cause le moins de gêne au propriétaire du fonds servant. Le but est de concilier l’accès du fonds enclavé avec la moindre atteinte possible au terrain voisin. En pratique, ce tracé doit être apprécié au cas par cas, selon la configuration des lieux.

Le propriétaire du fonds servant ne peut pas, de son propre chef, modifier l’emplacement du passage ou en diminuer l’usage. Il ne peut pas davantage rendre l’accès plus incommode. La servitude, une fois établie, doit donc être respectée telle qu’elle a été fixée par la loi, par le titre ou par l’accord des parties.

 

Qui supporte les frais et comment formaliser les règles ?


Sur le plan financier, il faut distinguer deux choses. D’une part, le propriétaire du fonds enclavé doit verser au propriétaire du terrain traversé une indemnité destinée à compenser le dommage subi. Cette indemnité doit simplment être proportionnée au préjudice causé par le passage. D’autre part, les ouvrages nécessaires pour utiliser la servitude et la conserver sont, en principe, à la charge de celui à qui la servitude est due, sauf stipulation contraire dans le titre. Autrement dit, les travaux d’aménagement ou d’entretien du passage sont normalement supportés par le bénéficiaire du droit de passage.

C’est pourquoi il est utile de formaliser les choses dans un écrit. Lorsque la servitude résulte d’un accord amiable, les parties peuvent préciser le tracé, la largeur, les personnes autorisées à emprunter le passage, les modalités d’entretien et la répartition des frais. Pour les servitudes établies par le fait de l’homme, l’usage et l’étendue se règlent par le titre qui les constitue. En pratique, une convention bien rédigée permet d’éviter les contestations sur l’usage du passage et sur les dépenses à prévoir.

Cette formalisation est particulièrement utile lorsque le passage doit évoluer avec le temps. Si les besoins changent, il vaut mieux avoir prévu dès l’origine les modalités d’entretien, de fermeture éventuelle, de circulation ou de réparation. Le notaire peut alors sécuriser l’opération et faire en sorte que le droit de passage reste utile au fonds enclavé sans devenir une source de conflit permanent entre voisins.
 

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